Compte-rendu

Le couple et l’après-bébé


         Notre 4e débat de la saison a eu lieu à Nantes, en compagnie de Noëlla Jarousse, sage-femme sexologue, et de Bernard Geberowicz, psychiatre et thérapeute familial. Un bel échange entre spécialistes et avec la salle sur la fatigue maternelle, les caprices de la libido et les astuces pour redevenir un couple.

 
Quand les jeunes mamans sont épuisées

           Non, vous n’êtes pas toute seule ! Les résultats du sondage réalisé par l’Institut des Mamans sont éloquents: 65% des mères de tout-petits se plaignent de la fatigue, de l’irritabilité et d’une forte émotivité. Noëlla Jarousse, sage-femme sexologue, le confirme: «C’est un challenge d’avoir un bébé. Il faut plusieurs mois pour se refaire une santé. Or, la plupart des femmes n’osent pas dire qu’elles sont fatiguées. Les people disent «la maternité, c’est merveilleux», la voisine dit qu’elle va très bien, donc on se tait. Vous avez le droit de pleurer, le droit de vous plaindre. Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide à la mairie, à la PMI.» Dans la salle, une jeune femme, mère de deux enfants de 22 mois et 5 mois, livre un témoignage dans le vif du sujet: «Les premières semaines, ma fille avait des problèmes d’intestins et hurlait jour et nuit. Nous n’avons pas de famille autour de nous pour nous soutenir. On était complètement sous tension. J’ai appelé à l’aide. Une puéricultrice est venue… huit jours après. On a le sentiment d’être très bien encadrée quand on est enceinte, et totalement lâchée dans la nature après.»


Sous la couette… rien

          La deuxième partie du débat portait sur la libido après l’accouchement. Rire franc de Sophie Thalmann, notre marraine, quand la question lui a été posée.
«Comme j’ai allaité, j’ai eu l’impression d’une incroyable fusion avec mes bébés. On a tendance à mettre le conjoint de côté, à ne voir en lui que le père et plus l’homme.» «Ce qui compte, c’est l’envie d’avoir envie, assure Bernard Geberowicz. Le couple n’est pas obligé de revenir tout de suite à une sexualité active, il y a d’autres formes de rapprochements.» Ingrid, enceinte de son premier enfant, confie avoir été surprise de l’impact de la grossesse sur son couple. «Je ne m’attendais pas à un tel bouleversement.
On a connu des hauts et des bas. Je me suis dit “Mince, je suis juste enceinte !” Du coup, j’appréhende pour “l’après”. Combien de temps va-t-il falloir pour que ça revienne comme avant ?» «Justement, rappelle le psychiatre, il ne faut pas chercher le “comme avant”.» «Surtout que parfois, c’est même bien mieux après !», rassure en écho la sage-femme.
«Certaines femmes, une fois passée la période de déprime, se disent:
“Voilà, j’ai fait un bébé, je me donne tous les droits” et s’autorisent des tas de choses», poursuit-elle.

 
Donner un nouvel élan à son couple

           Et si au sein du couple, ça patine, Noëlla a une méthode. «Chacun prend un papier et recense les priorités qui étaient les siennes avant le bébé, ainsi que ses nouvelles priorités. Puis on réunit les papiers et on regarde ce qui coïncide. On se fixe un programme: qu’est-ce qui est possible ? La meilleure méthode anti-clash, c’est de demander régulièrement à l’autre:
“qu’est-ce qui t’a manqué ?” » Son interlocuteur propose une autre astuce:
la soirée sans écran. «Une soirée où on prend le temps de bavarder, tranquillement, à deux, sans télé, sans téléphone, sans ordi.» Dans la salle, sur un sujet pourtant très intime, les mamans, pour certaines venues à l’invitation de notre partenaire, Planète Verbaudet, se livrent spontanément: «Moi j’attends mon deuxième. Après mon premier accouchement, j’ai mis mon mari de côté. J’ai renoué avec la sexualité d’abord pour lui faire plaisir. Et puis l’envie est revenue !» Noëlla approuve: «ça n’est pas être inféodée à l’homme de sa vie que de le faire pour lui. Ça peut redonner l’impulsion.» Une autre jeune femme explique s’être sentie mieux quand elle a réussi à ne plus culpabiliser: «Quand dans un moment d’intimité, on entend le babyphone, on ne bondit plus tout de suite, s’il ne pleure pas trop fort, on se dit “ça va, ça peut attendre”. Si nous, les parents, nous allons bien, c’est tout bénéfice pour le bébé.» Bernard Geberowicz poursuit: «Nous, les psys, nous sommes un peu fautifs de cette course à la bonne mère. Il faut retrouver un peu de spontanéité, de légèreté.» Deux jolis mots qui résument bien ces débats nantais !

Gaëlle Guernalec-Levy


Notre sondage

54% des mères estiment que l’arrivée de leur enfant n’a pas eu d’impact sur leur couple, 22% qu’elles se sont éloignées de leur conjoint, 23% qu’elles s’en sont rapprochées.

43% font part de difficultés sexuelles, 27% d’un sentiment de solitude,


27% d’une absence de vie sociale. 17% assurent ne pas avoir éprouvé de problème.

37% des mères disent avoir été confrontées à un baby-blues, 3% se sont séparées du père après la naissance.

Sondage réalisé sur Internet du 9 au 13 mars 2012, auprès de 300 mères d’enfants de 0 à 3 ans.

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Présentation du débat

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